21
Sep
2017
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Réflexions d’un philosophe (XIV): Ce qui attend le futur président de la République de la RDC !

Il arrive au philosophe qui vit dans la Cité, au milieu de ses contemporains, de s’arracher à la pesanteur des contingences de la vie quotidienne pour promener son regard critique sur tout et entendre en même temps la voix d’une conscience plusieurs fois tourmentée !

Il lui arrive aussi de laisser flotter le visible dans son indétermination, consentir à écouter le murmure plaintif ou joyeux des choses et de percevoir les vibrations innombrables et contradictoires de tout ce qui l’entoure.

Ce qui en sort sera toujours le produit d’une subjectivité, car l’on philosophe toujours à la première personne du singulier. Voilà pourquoi les réflexions du philosophe sont toujours discutables. Aucun philosophe ne s’attend à une quelconque unanimité. jamais !

Ce qui va suivre, ce sont les balbutiements d’un Congolais qui aime son pays et qui croit pouvoir contribuer, par ses réflexions et en toute humilité, à l’édification d’un Congo nouveau, un Congo comme il aurait dû être depuis des décades, à savoir un pays où coulent le lait et le miel, fruits du travail assidu de ses fils et filles.

Le président de la République à venir devra savoir qu’en temps de détresse, le peuple n’attend pas un président mais un  » messie « , un messie qui doit le sauver en le libérant de l’esclavage et de la pauvreté pour le conduire vers un paradis imaginé.

Mais peut-on reprocher à ce peuple de nager dans une effervescence messianique ? Lui qui a été séismé par des convulsions guerrières et qui n’a guère connu de paix ces deux dernières décennies, avec en sus, une clochardisation plus qu’humiliante ?

Tellement qu’il y a des choses à rebâtir à partir de la base, la vie du futur président de la République sera réduite au modèle de la performance athlétique où domine la loi du chronomètre. Il sera sous la dictature de l’urgence !
Il devra aspirer fondamentalement au renouvellement des choses dans le cadre fédérateur d’une dynamique unificatrice avec une volonté capable de soulever des montagnes ; les défis étant innombrables et herculéens.
Confronté aux dilemmes de son temps, entre redonner le sourire à ce peuple qui a tant souffert et adopter une attitude de sévérité pour conduire les douloureuses réformes que le contexte situationnel du pays exige, le nouveau président devra déployer tout son génie pour trouver l’équilibre qui convient.

Le niveau d’attentes de la population est tel que l’on souhaite voir le président de la république réaliser des miracles dès ses 100 premiers jours !
Faire et faire faire de la République Démocratique du Congo  » un pays normal  » ,telle est la première tâche à laquelle les Congolais aimeraient voir leur futur président s’appliquer.
Étant donné le fort ancrage de mauvaises habitudes et de mauvaises pratiques chez nous les Congolais, le président devra marquer les esprits par une sévérité et une rigueur implacables dans la répression de tous les actes délictueux et surtout dans la répression des actes d’indélicatesse dans la gestion de deniers publics.
Le peuple s’attend à ce que dès les premiers mois de sa gouvernance, le président fasse tomber les têtes de tous les délinquants financiers, économiques et moraux. Non pas dans le sens d’une décapitation mais d’une révocation, suivie d’actions en justice.
La corruption et l’impunité, ces deux vermines corrosives, qui ont complètement laminé tout le tissu social et l’Etat congolais, requièrent des bras vigoureux et une tête froide pour les écraser.

La justice qui devait constituer le dernier rempart de protection pour les citoyens est devenue un instrument d’insécurité et de règlement de comptes.
Elle ressemble à un corps littéralement colonisé par un cancer.
Telle qu’elle se révèle aujourd’hui, une guérison ne peut résulter que d’une opération en profondeur, d’une intervention violente et impitoyable qui va sectionner la tumeur pour la jeter au feu afin d’éviter qu’elle ne détruise les autres parties du corps qui sont encore saines.

Il faut donc une réforme en profondeur et un grand coup de balai ! Ce sera douloureux mais la guérison est à ce prix.
Après avoir réincarné l’autorité de l’Etat, cette puissance publique qui est au-dessus de tout citoyen, le futur président de la république devra créer les conditions pour remettre les Congolais au travail, d’autant plus que 75 % d’entre eux sont assignés à résidence pour cause de chômage.
Que les taxis-bus ferment leurs portières et que tous leurs passagers soient assis; que les automobilistes ne créent pas une deuxième, une troisième ligne lorsqu’ils se retrouvent dans un embouteillage et qu’ils attendent que le feu de signalisation passe au vert avant de continuer leurs routes, voilà les premiers ordres que le futur président devrait donner et faire respecter.
De même, l’espace public devra être dépouillé de tous les signes de son exploitation privée par le commerce et les deuils.

Cela paraît anodin mais c’est bien par les petits détails que l’on reconnaît la propreté d’une ménagère !

Il est enfin vrai qu’il est passé l’époque de  » Sauveur de la Patrie  » ,  » Père de la Nation  » ,  » Génie du Siècle  » ,  » Grand Guide  » ,  » Guide Clairvoyant et Éclairé » ,  » Grand Timonier  » !

Mais la paix, la libération et le développement d’un pays sont des concepts qui se conjuguent au pluriel !

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